27 octobre 2009
Enervé, à arracher les ongles des murs.
11 octobre 2009
Soleil Cherche Futur.
J'hésite à lire Sarah Kane - voir extrait précédent -, Ulysse est rentré chez lui, mais il traine étrangement, j'écoute Thiefaine à longueur de temps. Le deuxième s'est figé, le mime s'est endormi, les pages encore vides attendent dans la grande file de l'oubli. Je regarde passer le temps allongé à ses côtés. Il file derrière ta porte d'entrée. La nuit je rêve, pour effacer les rêves que j'ai laissé tomber. Que je trahi chaque jour depuis cinq ans. Plus fort encore lorsque la possibilité de les réaliser apparait enfin, lorsque je détourne mon regard sur le sien.
01 octobre 2009
L'Odyssée.
Il est de jours comme celui ci, comme hier, et tant d'autres,
Ou le vide se fait tel que disparait l'écho.
J'y agite un regard perdu, sans réponse.
A force de question, je plonge,
Je doute tour à tour, du meilleur et du pire.
PHÈDRE
Je t’aime.
Silence
HIPPOLYTE
Pourquoi ?
PHÈDRE
Tu es difficile. Caractériel, cynique, amer, gras, décadent, gâté. tu restes au lit toute la journée et planté devant la télé toute la nuit, te traînes dans cette maison avec fracas les yeux bouffis de sommeil et sans pensée pour personne. Tu souffres. Je t’adore.
HIPPOLYTE
Pas très logique.
PHÈDRE
L’amour ne l’est pas.
Ils se regardent en silence.
Il reporte son attention sur la télévision et la voiture.
PHÈDRE
Tu as déjà songé avoir des rapports avec moi ?
HIPPOLYTE
J’y songe avec tout le monde.
PHÈDRE : Ça pourrait te rendre heureux ?
HIPPOLYTE
C’est pas tout à fait le mot.
PHÈDRE
Non, mais. Tu trouverais ça bon ?
HIPPOLYTE
Non, c’est jamais bon.
PHÈDRE
Alors pourquoi le faire ?
HIPPOLYTE
La vie est trop longue.
28 septembre 2009
L'étranger.
Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. "Pourquoi m'épouser alors?" a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J'ai répondu : "Non." Elle s'est tue un moment et elle m'a regardé en silence. Puis elle a parlé. Elle voulait simplement savoir si j'aurais accepté la même proposition venant d'une autre femme, à qui je serais attaché de la même façon. J'ai dit : "Naturellement." Elle s'est demandé alors si elle m'aimait et moi, je ne pouvais rien savoir sur ce point. Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j'étais bizarre, qu'elle m'aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons. Comme je me taisais, n'ayant rien à ajouter, elle m'a pris le bras en souriant et elle a déclaré qu'elle voulait se marier avec moi.
J'ai souri à sa réponse, j'ai souri à son arrivée, et encore contre ses lèvres, encore lorsque ses mains se sont glissé, jusqu'à son départ.
25 septembre 2009
Doucement s'ouvrir.
Le flot de mes idées noires a joué toute la nuit, autour de mon oreiller.
Je le protège. Je transforme ces rêves en froides discussions sans avenir, je transforme son amour pour toi en un désir sans nom, sans visage, et sa tristesse, en cette haine latente que tu vois dans mes yeux lorsque de mon visage s'effacent les sourires.
Le silence viendra de moi, tout et n'importe quoi aussi. Mais il reviendra vers toi, je le sais. Et toi aussi sans doute. Peut-être que sinon tu serais plus... autrement. Je l'imagine un instant, et balaye l'idée. Les plans de ma fuite, de ta disparition me reviennent, plus fort, plus précis. Je concrétise un instant des conneries, qui ne s'avèrent que du vent. Tu as quitté mes rêves pour venir trainer dans mes cauchemars.
Je me suis levé ce matin, il était allongé sur le sol. Son sang coulait sur le parquet. Le couteau dans sa poitrine attendait là comme un avertissement. Comme une menace.

Sale temps pour les pantins.